LES FEUX DE BROUSSE : Une menace persistante pour les planteurs en période d’harmattan et de sécheresse
Dans le centre et le nord de la Côte d'Ivoire, l’harmattan, accompagné de la sécheresse, est synonyme de lourdes inquiétudes pour les populations rurales. Chaque année, les planteurs vivent cette période dans l’angoisse, redoutant la destruction de leurs champs par les feux de brousse. Durant les mois de décembre, janvier, février et mars, les conditions climatiques se transforment en une véritable menace : la chaleur accablante, combinée aux vents forts, assèche les végétaux et rend leur environnement hautement inflammable. C’est une saison où la moindre étincelle, qu’elle provienne d’une imprudence humaine ou d’un accident, peut déclencher des incendies dévastateurs.
Les pertes causées par ces feux sont immenses, frappant plusieurs familles qui voient leurs efforts et leurs récoltes réduits en cendres en un instant.
Une réalité à laquelle les populations rurales doivent faire face.
Une réalité à la quelle les populations rurales doivent faire face et qui, année après année, semble s’amplifier. Les dégâts ne se limitent pas seulement aux champs : les feux de brousse aggravent aussi l’érosion des sols, la perte de biodiversité, et contribuent à la dégradation de l'environnement.
Les causes de ce fléau
Les causes de ce fléau sont multiples et variées, souvent enracinées dans des comportements irresponsables ou malveillants. L’imprudence de certains planteurs qui choisissent de faire leur cuisine au champ, loin des regards, génère des risques d’incendies incontrôlables. De même, certains chasseurs, dans le but de débusquer les animaux sauvages, allument des feux qu’ils ne parviennent plus à maîtriser. Les éleveurs, dans leur quête d’herbe fraîche pour nourrir leur bétail, ne sont pas non plus exempts de cette négligence. Les fumeurs qui négligent d’éteindre convenablement leurs mégots de cigarette avant de les jeter de manière aléatoire, sans discernement ni respect des règles élémentaires de sécurité, exposent non seulement leur environnement immédiat à un danger certain, mais participent également à l’aggravation des risques d’incendie. Enfin, les actes de malveillance, où des individus mettent délibérément le feu aux champs d’autrui par jalousie ou haine, viennent ajouter une dimension sociale inquiétante à ce phénomène.
Des mesures urgentes et accrues s'imposent
Face à cette situation alarmante, il devient crucial pour les autorités compétentes, notamment celles chargées de la protection de l’environnement et de la lutte contre les incendies, de prendre des mesures urgentes et efficaces. La sensibilisation des populations est primordiale. Informer les planteurs et les communautés rurales des risques encourus et des gestes simples pour prévenir les incendies est un impératif. Des campagnes de prévention doivent être organisées, et des alternatives plus sûres pour les activités agricoles et pastorales doivent être proposées.
Le rôle des forces de sécurité et des agents spécialisés dans la gestion des risques doit être renforcé, afin de garantir une intervention rapide et efficace face aux feux de brousse. En outre, des initiatives de reboisement et des projets visant à améliorer la gestion des terres sont essentiels pour restaurer l’équilibre écologique et réduire les risques de dégradation.
Si les feux de brousse continuent de constituer une menace constante pour les populations rurales, la responsabilité collective de les prévenir incombe à tous : autorités, planteurs, éleveurs et chasseurs. Il est grand temps que la lutte contre ce fléau se transforme en une priorité nationale, car la préservation des terres agricoles et de l’environnement est essentielle à la sécurité alimentaire et à la prospérité des générations futures.
ZOUZOU MARCEL ZOUZOU
