BOUAKÉ: la clôture de la tournée nationale du SYNAGRI avortée, le syndicat évoque une entrave à son action
GBÊKÊ - BOUAKÉ
Privé de salle pour sa cérémonie de clôture, le syndicat dénonce une entrave à son activité tandis que la Direction régionale de l’Agriculture n’a pas encore communiqué sur les raisons de sa décision.
La cérémonie de clôture de la tournée nationale d’implantation syndicale du Syndicat national des agents de l’Agriculture (SYNAGRI), prévue le mercredi 3 juin 2026 à Bouaké, n’a finalement pas pu se tenir. Selon les responsables de l’organisation syndicale, la Direction régionale de l’Agriculture a refusé, à la dernière minute, la mise à disposition de la salle sollicitée pour accueillir cette rencontre, suscitant incompréhension et interrogations au sein des militants syndicaux.
Cette activité devait marquer l’ultime étape d’une tournée nationale menée durant plus d’un mois à travers 74 localités du pays. Présentée par ses initiateurs comme une vaste campagne de sensibilisation, d’information et d’implantation syndicale, cette tournée avait pour objectif de renforcer la proximité avec les agents du secteur agricole et de promouvoir un cadre d’échanges autour de leurs préoccupations professionnelles.
Bouaké devait ainsi accueillir la cérémonie de clôture de cette initiative nationale. Toutefois, selon le SYNAGRI, la directrice régionale de l’Agriculture, Mme Yvette Bléou, a opposé un refus définitif à la tenue de l’événement, malgré les démarches entreprises par les organisateurs et les formalités administratives accomplies.

« Nous avons suivi toute la procédure qui nous avait été indiquée », affirme Stéphane Tersia, secrétaire général du SYNAGRI. Le responsable syndical soutient qu’aucun motif officiel n’a été communiqué pour justifier cette décision. « La seule explication qui nous a été donnée est qu’elle ne pouvait pas nous communiquer les raisons officiellement », précise-t-il.
La veille de la rencontre, plusieurs responsables syndicaux ont été conviés à des échanges avec les autorités compétentes. Le SYNAGRI tient néanmoins à saluer l’attitude du commissaire divisionnaire-major Mobio, dont l’intervention, selon ses responsables, visait à favoriser le dialogue entre les différentes parties et à rechercher une issue consensuelle à la situation. Malgré ces démarches de médiation et les discussions engagées, la décision de refus est demeurée inchangée.
Il ne s’agissait ni d’une grève ni d’un mouvement de protestation, mais simplement d’une activité d’information et d’implantation syndicale

Le Secrétaire général du SYNAGRI et ses collaborateurs
Pour les dirigeants du syndicat, l’incompréhension reste entière, d’autant que la rencontre devait réunir un nombre limité de participants, à savoir cinq membres du bureau national et une vingtaine d’agents de la Direction régionale de l’Agriculture de Bouaké.
« Il ne s’agissait ni d’une grève ni d’un mouvement de protestation, mais simplement d’une activité d’information et d’implantation syndicale », insistent les responsables du SYNAGRI, qui rappellent que l’objectif était de présenter l’organisation syndicale, de renforcer son ancrage au sein de l’administration agricole et d’échanger avec les agents sur leurs préoccupations professionnelles.
Le syndicat estime que cette interdiction constitue une restriction de son action syndicale et prive les agents concernés d’un cadre d’information et de dialogue. « Les agents de Bouaké sont privés d’un espace d’échanges sur leurs préoccupations professionnelles », regrettent ses responsables, qui voient dans cette situation un précédent préoccupant pour l’exercice des libertés syndicales.
Au moment de la mise sous presse, les tentatives entreprises pour recueillir la version de la Direction régionale de l’Agriculture étaient restées sans suite. Les sollicitations adressées à Mme Yvette Bléou afin d’obtenir des précisions sur les motifs du refus n’avaient pas encore reçu de réponse.

Au-delà de cet incident, cette situation remet en lumière les enjeux du dialogue social au sein des administrations publiques. Dans un contexte marqué par de nombreux défis économiques, institutionnels et structurels pour le secteur agricole, les organisations professionnelles et syndicales continuent de plaider pour le renforcement des espaces de concertation, considérés comme des leviers essentiels de stabilité, de performance administrative et de cohésion professionnelle.
L’épisode de Bouaké, dernier acte d’une tournée nationale ayant parcouru l’ensemble du territoire, illustre ainsi les défis qui subsistent en matière de dialogue entre les différents acteurs du monde agricole et relance le débat sur les conditions d’exercice de l’activité syndicale au sein des services publics.
KANTORYS LÉVY, correspondant local
